L’Injustice travestie en Justice – Hongrie 2-2

Au-delà d’Ahmed H., battons-nous pour une justice indépendante en Hongrie

6 décembre 2016 par ANDRÁS JÁMBOR
L’érection d’une clôture à la frontière afin de contenir les éventuels réfugiés de guerre, n’a pas été uniquement conçue pour « défendre la Hongrie ». Sa fonction a également été de créer un terreau favorable pour la propagande gouvernementale contre ces déplacés, de provoquer des remous, et de donner lieu au type de sentence qui a frappé Ahmed H. : dix ans de réclusion et l’interdiction définitive d’entrer sur le territoire hongrois.

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Il fallait, dit-on, condamner Ahmed H. à tout prix, car il aurait lancé des pierres sur les policiers – bien qu’il n’y ait aucune preuve que celles-ci aient atteint leur cible, dans la mesure où l’on ne voit même pas sur les enregistrements vidéo ce qu’il a envoyé dans leur direction. Ce même jour à Röszke (le 16 septembre 2015, ndt), il aurait calmé la foule selon certains, encouragé ses compagnons à franchir la frontière selon d’autres. Si l’on regarde l’histoire judiciaire hongroise, que ce soit en 2006 (année des manifestations contre le premier ministre MSzP Ferenc Gyurcsány, ndt) ou lors d’autres événements, de tels actes n’auraient en tout cas été punis que de deux ou trois années de prison avec sursis. Mais dans la mesure où Ahmed H. représente le « réfugié » tel qu’on se plait à l’imaginer, la cour a même invoqué de façon grotesque sa religion, faisant de ce jugement une décision de justice aux motivations principalement racistes. Ahmed H. a été condamné à dix ans afin de justifier la propagande gouvernementale qui cherche à marteler dans nos esprits que le danger est toujours là. En plus de la situation personnelle dramatique d’Ahmed H., l’autre problème c’est que la Justice a participé à cette campagne.

Souvenons-nous qu’avant la modification, l’année dernière, des lois par lesquelles le Fidesz a fait d’Ahmed H. un terroriste, aucun chef d’accusation en lien avec le terrorisme n’avait été retenu contre lui, comme le rappelle son avocat commis d’office. Ce dernier fut d’ailleurs brutalement révoqué en novembre de la même année et Ahmed H. dut affronter quelques heures plus tard une inculpation pour terrorisme.

Les témoins de la défense ne furent pas entendus au cours du procès. Il y eut bien des journalistes étrangers pour rappeler qu’Ahmed H. n’avait pas harangué mais au contraire calmé la foule (ce que les enregistrements vidéo montrent effectivement), ces derniers ainsi que d’autres témoins ne furent pas qualifiés comme tels par la Justice, qui préféra recourir uniquement aux témoignages des agents de police.

C’est ainsi que furent décidées les dix années de prison, quand bien même Ahmed H. et sa femme vivent légalement depuis dix ans dans l’Union européenne et que c’est pour accompagner leur famille qu’ils se sont retrouvés au poste frontalier de Röszke. Chacun de ses actes fut motivé par la volonté d’aider sa famille – dont sa mère âgée et malade – dans sa tentative d’entrer en Europe.

Si elle s’était trouvée le lendemain à la frontière hongro-croate, la famille aurait pu entrer en Hongrie, puis se rendre en Allemagne par l’Autriche, avec l’aide de l’État hongrois (après la fermeture de la frontière entre la Hongrie et la Serbie, le flux migratoire a rapidement dévié et des dizaines de milliers de migrants ont pénétré en Hongrie sans contrôle par la frontière croate, ndt).

Mais il semble que ces circonstances ne comptent pas lorsqu’il s’agit de faire un exemple. Lorsqu’il s’agit de prouver qu’il y a par chez nous des terroristes dont il faut avoir peur.
Ahmed H. a pris dix ans de prison, alors que les faits les plus graves dont il est accusé sont d’avoir parlé avec un mégaphone et lancé des pierres. György Budaházy, à qui l’on a reproché d’avoir méthodiquement organisé des actes terroristes contre l’État de droit, avait quant à lui été condamné à treize ans de réclusion. On peut penser ce que l’on veut de Budaházy, mais regardons le ratio « explosion de bombe » / « jets de pierres » : sérieusement, treize ans pour la bombe et dix pour les pierres ?

Il y a aussi l’affaire de ce médecin qui a versé de la soude sur les organes génitaux de sa maîtresse, et qui n’a été condamné qu’à quatre ans de prison. Lequel de ces crimes est le plus grave ?

On pourrait égrener les exemples encore longtemps. peut-être fallait-il condamner Ahmed H., y compris s’il était avéré qu’il eut fait tout ceci par provocation. Mais dix ans pour ce genre d’actes, ce n’est rien d’autre que l’instrumentalisation de la Justice au service de la propagande gouvernementale, et peu importe qu’elle puisse détruire la vie d’un homme.

Au-delà de la situation d’Ahmed H., le plus inquiétant est que tout ceci soit possible, sans aucune protestation de la part de la population, sans aucune indignation du côté des médias, sans aucune contestation de l’opposition, et en plus avec l’aide de la Justice.
Ce que montre ce silence, c’est qu’une propagande mensongère aussi bruyante suffit à faire de n’importe qui un terroriste. Tant que cela fait les affaires du Fidesz, elle suffit désormais pour qu’un homme se retrouve en prison.

Source :
http://hu-lala.org/ahmed-h-justice-hongrie/

 

L’Injustice travestie en Justice – Hongrie 1-2

Un Syrien condamné pour l’exemple en Hongrie ?
1 er décembre 2016
Mercredi, un homme Syrien de quarante ans a été condamné à dix ans de prison par le Tribunal de Szeged pour avoir pénétré de force en Hongrie en septembre 2015, au plus fort de la crise migratoire.

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C’est entravé aux pieds et aux poignets et serré de près par des policiers anti-terroristes encagoulés qu’Ahmad H. a écouté le verdict. Après quatorze mois de détention préventive, il a écopé de dix années de prison. Deux chefs d’accusation ont été retenus contre lui : franchissement illégal de la frontière et jets de projectiles sur les forces de l’ordre. Des « actes de terrorisme » pour lesquels il encourait la prison à perpétuité. Faute de preuves solides contre lui, la Justice hongroise lui a infligé la peine minimale prévue par le Code pénal. La Défense a fait appel de ce jugement rendu en première instance…tout comme le Procureur de la République.

Le 15 septembre 2015, le gouvernement de Viktor Orban avait fait sceller sa frontière avec la Serbie pour bloquer le flux des migrants sur la « Route des Balkans ». Une foule s’était amassée le long des barbelés dans les heures suivantes. Quelques dizaines d’hommes s’en étaient pris aux forces de l’ordre en lançant des projectiles en leur direction, échaudés par la tension latente et par des déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel interprétées trop rapidement comme des laisser-passer. Retranchées de l’ordre de l’autre côté de la barrière, celles-ci avaient répliqué avec des gaz lacrymogène et des canons à eau, blessant légèrement une centaine de personnes. Dans la confusion, plusieurs dizaines de personnes avaient réussi à pénétrer sur le territoire hongrois, dont Ahmad. Il sera arrêté plusieurs jours plus tard à Budapest, en possession des passeports de ses proches, ce qui sera abondamment présenté dans la presse pro-gouvernementale comme la preuve que la police tient un terroriste.

Vidéo : The Battle of Röszke: https://vimeo.com/140042206

Pour les organisations d’aide aux réfugiés qui soutiennent l’accusé (AI, Comité Helsinki, Migszol), la sévérité du jugement dépasse l’entendement. Le sort de ce père de famille apparait d’autant plus cruel qu’il n’était lui-même pas clandestin, mais résident à Chypre et donc en possession de documents qui lui permettaient de voyager librement et en toute légalité dans l’espace Schengen. C’est en effet pour aider ses parents âgés et d’autres membres de sa famille fuyant la Syrie en guerre qu’il les avait rejoints sur la « Route des Balkans », comme le relate Amnesty International :

« Tandis que ses parents, qui sont âgés, se lançaient dans le périlleux voyage qui les amèneraient jusqu’en Turquie avec son frère, sa belle-sœur, ses nièces et ses neveux, Ahmed prenait ses dispositions afin de mettre sa vie entre parenthèses et les aider à atteindre un lieu sûr en Europe. Sa connaissance de l’anglais et du grec, ainsi que son statut de résident de l’Union européenne aideraient, pensait-il, à faciliter leur périple. »

La Justice a-t-elle voulu faire un exemple ? Plus d’un an après la fermeture de sa frontière et deux mois après l’échec de son référendum pour s’opposer aux quotas de migrants de la Commission européenne, le gouvernement hongrois continue à faire du « péril migratoire » un enjeu électoral. La pression risque d’être maximale sur lui pour la libération d’Ahmad H.. Le verdict a en effet été énoncé en présence de l’ambassadeur de Chypre, d’un représentant de l’Ambassade des États-Unis et d’Amnesty International.

Source :

http://hu-lala.org/syrien-condamne-terrorisme-hongrie/

Ils donnent leur restaurant à un couple de Syriens

Il y a 6 mois, Naziha et Robert lançaient un appel : il recherchait un candidat pour la reprise de leur restaurant « L’Etape gourmande » (à Tournus), souhaitant prendre leur retraite. Particularité : après des recherches infructueuses pour le vendre au prix demandé, ils souhaitaient dorénavant faire don ce cet établissement ! Mais avec conditions : Naziha voulait quelqu’un de sérieux, qui perpétue l’image de l’établissement, sans travail et aussi sans logement afin d’occuper l’étage.

« J’ai arrêté de compter à 150 » s’exclame Robert Kunz à propos du nombre de candidats qui se sont déclarés depuis ! Et leur choix s’est porté sur un couple de Syriens, arrivé en France il y a quelques mois dans l’Est de la France. Sur leur sérieux, Naziha Kunz n’a aucun doute : « Quand il était en Syrie, lui était organisateur de mariage; elle fera le service, et lui de la cuisine syrienne et libanaise ».

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Photo: © Thomas Borjon
Publié le 25 novembre 2016
Source :
http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2016/11/25/ils-donnent-leur-restaurant-a-un-couple-de-syriens

Revivre à la galerie Artistikrezo, le samedi 10 décembre

La présence de Revivre le samedi 10 décembre 2016, de 14h30 à 18h30 à la galerie Artistikrezo à l’occasion de l’exposition de l’artiste Christian Guémy (alias C215)  sur les réfugiés.

Vous êtes cordialement invités

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14, rue Alexandre Dumas

Paris 11ème. Métro : Rue des boulets

Au programme :

  • Des projections de documentaires et des photos;
  • De la poésie avec la poète et réalisatrice Hala MOHAMMED;
  • Lecture d’extraits d’une pièce d’Aurélie RUBY mettant en scène des réfugiés syriens.

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Œuvrons pour l’utile, donnons de l’espérance à ceux qui en ont besoin

En 2015, Revivre a financé l’envoi en Syrie d’un container de couvertures, vêtements et surtout de matériel médical. voir photos ci-dessous

Cette opération initiée par Sakher et Hassan a été efficacement relayée, notamment, par les amis médecins de Revivre. Ghazwan Adi, administrateur de Revivre, et son confrère Majid Turfa, tous deux membres de l’association Nama, ont obtenu un important don en machines à dialyse de la part de la clinique d’Aulnay-sous-Bois. Ces machines pour l’épuration, puis la réinjection du sang, destinées  à un centre médical en Syrie qui prend en charge l’insuffisance rénale sont un  équipement dont étaient privés les malades des régions libérées de l’emprise du régime et de celle Daech.

Un autre don a été aussi particulièrement salutaire: celui fait par la société Hartmann, un des leaders européens des produits pour les professionnels de santé et l’hygiène.

Les relais locaux de cette opération nous ont fait parvenir de nouvelles photos: elles montrent les séances de dialyse.

Revivre renouvelle ses remerciements à ces généreux donateurs. Elle rend hommage également à l’ensemble des bénévoles civils dont ceux de l’association Shafak qui agissent sur le terrain au risque de leur vie. Grâce à l’engagement et la mobilisation de toutes les personnes de bonne volonté qui ont organisé la collecte, géré la logistique puis suivi sa distribution sur le terrain, cette opération a été un succès. Deux nouveaux containers ont été envoyés en Syrie en mars puis, dernièrement, en novembre de cette année.

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Revivre: Appel aux dons – 2016 + Bulletin de soutien

Le peuple syrien est martyrisé, il a besoin de notre humanité

Chers amis, chers adhérents et donateurs de Revivre.

Il n’est pas dans nos pratiques de vous envoyer de superbes brochures en quadrichromie  accompagnées de cadeaux gadgets pour susciter votre générosité . Nos frais de gestion ont représenté en 2015 , 4 % du budget de l’association , notre objectif a toujours été de consacrer la quasi totalité de vos dons et cotisations à nos actions.

En complément  de l’accueil et l’aide aux réfugiés  primo-arrivants syriens à notre Permanence (771 personnes reçues les 6 premiers mois de l’année), nous vous proposons de nous accompagner sur 2 actions.

  • Aide à l’hébergement des réfugiés syriens.

Nous avons deux dispositifs d’aide à l’hébergement :

Un dispositif de recherche d’hébergement d’urgence provisoire destiné aux demandeurs d’asile en attente de CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) a permis à 78 personnes d’être hébergées depuis le début de l’année 2016 dans des familles et foyers , une salariée est affectée à cette mission .

Un dispositif d’aide à la location pour les réfugiés statutaires. Ce dispositif est en partenariat avec deux associations (GAS /SNL) agrées pour signer des baux de loyers glissants . Notre dispositif monte régulièrement en puissance il accompagne maintenant 27 personnes dans 13 logements sur une base moyenne d’un engagement pour Revivre de 150 € par personne/mois durant deux ans.

  • Aide humanitaire en Syrie.

Avec l’association Médina qui a depuis des années l’expertise d’aide en zones de guerre ,Revivre  a décidé de participer à un programme de kit de survie alimentaire d’un montant de 10 000 € (un KIT de 27 €  assure la nourriture de 10 personnes durant 1 mois). Nous  contribuons par ailleurs avec Médina  sur la base de  5 000 € aux salaires  de l’équipe soignante d’une maternité à Alep en reconstruction suite à un bombardement il y a un mois.

Pour participer à ces actions vous pouvez envoyer vos dons, qui donneront lieu à un reçu fiscal, avec le bordereau ci-après ou par règlement électronique sécurisé sur le site :

http://hopeclic.org/revivre-association-loi-1901/

Merci par avance pour votre solidarité, le peuple syrien est martyrisé, transmettons lui un peu d’Humanité.

La Présidente de Revivre

Florence Goslan

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……………………………………………………..

Comité de parrainage de Revivre : Edith BOUVIER (Journaliste), Jean-Pierre BRARD,(ancien député) Khémais CHAMMARI (Militant des Droits de l’Homme), Daniel COHN BENDIT (Ancien Député européen),Daniel Bensaid (philosophe) Eyad EL SARRAJ (Militant des Droits de l’Homme), Hélène FLAUTRE (Ancienne Députée européenne), Isabelle HAUSSER (Ecrivaine), Georges LABICA (Philosophe), Jack LANG (ancien Ministre, Pdt. de l’IMA), Garance LE CAISNE (Journaliste), Farouk MARDAM BEY (Editeur), Michel ROCARD (ancien Premier Ministre),Marie SEURAT,  Bernard STASI (ancien Ministre, Jean-François VOGUET (ancien sénateur.)

Adresse du siège : Maison du Citoyen et de la Vie Associative

16, rue du Révérend-Père Lucien Aubry – 94120  Fontenay sous Bois

Association régie par la loi 1901(déclaration JO 1094-18 septembre 2004)

Notre prochain rendez-vous : Dimanche 20 novembre 2016

A l’occasion de la quinzaine de la solidarité internationale

L’association Revivre et Musiques au Comptoir

Vous invitent

Dimanche 20 novembre 2016

à une Journée syrienne à partir du 11h30

« Changeons de regard sur l’Autre »

« Exil et culture »

Au Comptoir de la Halle Roublot

95, rue Roublot – 94120 Fontenay-sous-Bois

Programme détaillé dans l’affiche

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La Suède connaît un regain économique inattendu

Les économistes suédois n’en reviennent pas : ils ont dû revoir en urgence leurs modèles pour tenter de comprendre ce qu’il se passait avec leur pays.

18-fevier-2016

8 février 2016, Tylosand, Suède. Des enfants réfugiés venus d’Iraq jouent devant une maison qu’ils habitent temporairement en Suède. © Getty / David Ramos

La Suède connaît un boom économique inattendu. Les économistes suédois n’en reviennent pas : ils ont dû revoir en urgence leurs modèles pour tenter de comprendre ce qu’il se passait avec leur pays. Imaginez : au quatrième trimestre 2015, c’est-à-dire l’hiver dernier, la Suède a connu un taux de croissance de 4,5%.

Il a fallu revoir toutes les statistiques et toutes les prévisions. Pour vous donner une petite idée : 4,5%, c’est un taux de croissance asiatique ! La France se traîne péniblement avec une progression de 1,5% du PIB, et c’est plus du double de la croissance allemande.

Il a bien fallu trouver une explication. Les économistes distingués du royaume se sont réunis en congrès, ont passé des jours entiers à trifouiller les statistiques et, enfin, après des heures de discussions et de controverses, ils sont arrivé à un consensus scandinave.

La dynamique des migrants

La raison de cette croissance aussi époustouflante que soudaine tient en un mot : les migrants. La Suède est, en proportion, le pays d’Europe qui, en 2014 et 2015, a accueilli le plus de réfugiés en Europe : 160 000 personnes pour 9,5 millions d’habitants.

Pour faire face, le gouvernement suédois a dû immédiatement dépenser des sommes très importantes, pour nourrir, loger, vêtir… bref accueillir tous ces gens.

Et puis les commerçants et les hôteliers ont adoré ces commandes d’Etat payées rubis sur l’ongle, et toute l’année en plus. Ensuite, il a fallu penser à ses choses plus pérennes : d’où des plans d’investissements sur plusieurs années : logement, écoles, routes…

Or, on le sait, quand le bâtiment va, tout va ! Et en plus ces boulots ne sont pas délocalisables. Ensuite, il y a les migrants eux-mêmes. Que fait un réfugié quand il arrive en Suède ? Il achète un sandwich – et bing de la TVA – ou une doudoune – re-bing de la TVA.

Et ensuite, que fait-il ? Il cherche du boulot : ça tombe bien, le BTP en a du boulot, grâce aux commandes d’Etat de tout à l’heure – et en plus du boulot que les Suédois n’aiment pas trop faire.

Tout à coup, les entreprises qui n’arrivaient pas à recruter parce que le travail qu’elles proposaient étaient trop dur, se mettent à tourner à plein régime. Et voilà comment la générosité suédoise est devenue en moins d’un an la recette de sa richesse.

 

A écouter aussi la deuxième partie de l’émission aussi (3 :56 mm) sur le lien, source: 

https://www.franceinter.fr/emissions/les-histoires-du-monde/les-histoires-du-monde-10-octobre-2016

Pique Nique au Bois de Vincennes, dimanche 25 septembre 2016 à 13h00

Le groupe des bénévoles de « Sortons avec Revivre » vous invite

فريق المتطوعين  » لنخرج مع روفيفر  » يدعوكم إلى سيران
à un Pique Nique le dimanche 25 septembre 2016 à 13h00

يوم الأحد 25 أيلول/ سبتمبر 2016 ، الساعة الواحدة ظهراً
Pique nique participatif : amenez boissons et plats
الوجبة تشاركية، أحضروا ما شئتم من طعام وشراب
Adresse : العنوان في غابة فانسين
Bois de Vincennes, promenade Maurice Boitel, à proximité du port de Vincennes ( lac Dausmenil), nous mettrons des panneaux fléchés depuis l’accès du bois de Vincennes du coté du Métro : Porte Dorée – ligne 8

ستوجد هناك إشارات سهمية بدءاً من مدخل الغابة واعتباراً من جهة مخرج المترو بورت دوري / الخط 8

En cas de pluie ne vous découragez pas nous avons prévu de quoi nous abriter

في حالة هطول المطر فقد استحضرنا ما يمكن أن يحمينا من البلل

pique-nique

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رابط الإيفنت

https://www.facebook.com/events/192854574459763/?notif_t=plan_user_invited&notif_id=1473376968732391

Syrie : d’anciens détenus racontent la torture et le trafic d’organes dans les prisons

Plus de 12 500 personnes ont péri dans les prisons syriennes en cinq années de guerre, d’après les défenseurs des droits de l’homme. MEE a recueilli les témoignages de deux survivants

Lizzie Porter

28 août 2016

A handout picture released by the official Syrian Arab News Agency (SANA) shows some of the 274 inmates being readied for release from the Damascus Central Prison on June 11, 2014. Several dozen prisoners were also released from Syrian government custody on June 10 after a general amnesty announced by President Bashar al-Assad, a human rights lawyer told AFP.  AFP PHOTO/HO/SANA == RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / HO / SANA" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS === / AFP PHOTO / SANA / -
Les prisonniers de la prison centrale de Damas relâchés le 11 juin 2014. Les familles de certains détenus doivent payer des pots-de-vins très élevés pour assurer leur libération (AFP)

STOCKHOLM – Omar al-Shogre avait 17 ans lorsqu’ils sont venus le chercher. Ce jour d’automne 2012, alors que l’on récoltait les olives et que les abricotiers du jardin familial perdaient leurs feuilles, fut son dernier moment de liberté pendant presque trois ans.

Omar allait passer le reste de son adolescence dans onze prisons syriennes au total, et subir des actes de torture d’une multitude d’agents appartenant au sinistre et perfectionné appareil de sécurité du gouvernement. « Je pourrais boire leur sang », confie Omar à Middle East Eye, à Stockholm où il réside maintenant, la voix trahissant sa soif de vengeance.

Sa famille a participé au soulèvement de 2011 contre le gouvernement de Bachar al-Assad dans la province de Tartous, sur la côte méditerranéenne syrienne. Ils faisaient partie d’une minorité sunnite au cœur du groupe alaouite dominant au gouvernement. Omar n’a pas su pourquoi il avait été arrêté. Ses interrogateurs l’ont ensuite forcé à avouer de fausses opérations de faux et usage de faux.

À Tartous, il a été torturé par électrocution – au niveau du cou, des bras, des jambes et des parties génitales. Dans d’autres circonstances, les prisonniers étaient contraints de manger du sel avant de se voir offrir un peu d’eau pour soulager leur soif. Mais leur pénis était alors ficelé, ce qui les empêchait d’uriner et leur causait d’intenses douleurs aux reins.

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Omar, pris récemment en photo à Stockholm, après s’être échappé de prison (MEE)

On l’a ensuite déplacé à la section 215, connue comme la « Brigade du Raid », rue du 6-Mai à Damas, à moins de 5 kilomètres de la Grande Mosquée des Omeyyades et dans un quartier entouré de centres commerciaux et d’hôtels. Omar allait passer l’année suivante derrière ces murs.

C’est là qu’il a commencé à comprendre le sens du mot « faim » : les prisonniers n’avaient bien souvent rien à manger pendant plusieurs jours. Puis, on leur servait quelques pommes de terre et des œufs, mais souvent recouverts de sang ou de moisissures. « Tout cela a duré des mois », raconte Omar. « On avait tellement faim qu’on en pleurait. »

Il y avait toujours des tortures supplémentaires les jours de fête, lors des fêtes musulmanes de l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Adha, par exemple, ou encore la fête des mères. Des « fêtes de la torture », comme les avait appelées Omar.

Le père du jeune homme a été tué lors du massacre d’al-Bayda en mai 2013, au cours duquel des centaines de sunnites ont été assassinés. Les cousins d’Omar, Bashir et Rashad, qui avaient été arrêtés avec lui, sont tous les deux morts en prison.

Mais il n’y avait pas d’énergie à perdre pour la tristesse et le deuil. Omar a plutôt choisi de se créer une famille autour de lui dans la section 215. « C’était la meilleure école », souligne-t-il.

Lorsque les amis disparaissaient tout simplement

Les prisonniers avaient des nationalités et des origines différentes. Ils partageaient leurs compétences, professions et langues. Ils apprenaient à répartir leurs toutes petites rations de nourriture avec les fils des uniformes militaires qu’ils étaient obligés de porter et à tuer les poux qui avançaient lentement sur leur corps.

Omar se souvient de deux détenus avec une tendresse toute particulière : Bara’a Manieh, de la campagne de Damas, était un meneur naturel et il était « toujours heureux ». Radwan al-Eisa, originaire de Hama, était devenu un ami très proche. Mais avec le temps, les deux ont été emmenés par des officiers. Leurs orteils ont été brûlés avec de l’acide et on leur a crevé les yeux. Personne ne les a jamais revus vivants.

La dernière prison que connu Omar fut la célèbre prison de Saidnaya, au nord de Damas. Lors de la « fête de bienvenue », comme la décrit désormais l’homme de 21 ans avec un sourire triste, il fallait mordre les composants en métal d’une cuve. « Rien que ça revenait à deux ans passés dans la section 215 », précise-t-il à MEE.

L’une de ses nombreuses « missions » était de se débarrasser des corps morts de ses codétenus. Un jour, il a vu une pièce remplie de cadavres. Aucun ne présentait les signes habituels de torture mais il y avait de larges plaies à la place de leur cœur, de leur foie et de leurs reins. Tout semblait désigner un vaste trafic d’organes.

Il était interdit de prier et de lire le Coran. Omar récitait donc ses sourates et ses versets dans sa tête. Il composait aussi des poèmes et des chansons dont il se souvient encore parfaitement même si depuis, il s’est lancé de nouveaux défis : celui d’apprendre le suédois, qu’il parle désormais couramment, et de travailler à Stockholm.

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Rashad (à gauche) et Bashir, les cousins d’Omar, décédés en prison (MEE)

S’il a pu fuir en Europe, c’est uniquement parce ce que sa mère a payé un pot-de-vin de 15 000 dollars à des officiers de sécurité syriens.

Omar pesait 35 kg lorsqu’il est sorti de prison. Il est revenu maintenant à ses 53 kg. Ses poumons ont été endommagés par la tuberculose contractée dans la prison Saidnaya. Dans un sens, ce fut une bonne chose, car lorsqu’il a quitté la Syrie et la Turquie, les officiers de police, le voyant vomir du sang, partaient à toute vitesse, de peur d’être contaminés.

Omar confie qu’il se sent maintenant « très heureux », « très bien ». Mais sa mère lui manque, tout comme ses frères et ses sœurs en Turquie, et sa famille de codétenus – ceux qui sont morts et ceux qui vivent encore l’enfer de la prison.

Omar répète sans cesse : « Bienvenue en Syrie ». Et il espère que le monde comprendra ce qu’il veut dire.

« La mort est une échappatoire à la douleur »

Yehia Rashid al-Salim, de Palmyre, ressent encore la douleur des coups. Installé aujourd’hui en Grèce, en espérant se réinsérer en Europe, il vit avec les cicatrices visibles des tortures subies, qu’il a montrées à MEE. Ce qu’il n’a pas pu montrer, ce sont les sinistres souvenirs ancrés dans sa mémoire.

« Il nous aurait été impossible de nous soulever comme l’ont fait les prisonniers de Hama ou de Souwayda », raconte-t-il à MEE en faisant référence aux récentes explosions de violence et aux mutineries dans deux prisons syriennes connues.

Yehia était détenu dans un centre de sécurité militaire où il était quasiment impossible de protester. « Personne n’osait se rebeller », a-t-il ajouté. « J’espère que les détenus de Hama réussiront à s’imposer – mais c’est impossible face aux forces de sécurité criminelles et prédatrices du régime ».

Cet ancien employé du ministère de l’Agriculture avait été arrêté à Palmyre – appelée Tadmor en arabe – alors qu’il rendait visite à son oncle le 19 octobre 2013, juste après avoir célébré l’Aïd al-Adha.

Il a été emmené à la section de la Sécurité militaire et y a été torturé pendant 22 jours. On l’accusait d’avoir rencontré l’Armée syrienne libre à Raqqa. Il clamait pourtant son innocence auprès de ses interrogateurs.

Yehia, qui a trois enfants âgés de 12, 10 et 6 ans, raconte à MEE avoir subi la méthode de torture appelée « al-Shabeh » (fantôme) : le prisonnier, mains menottées, est suspendu au plafond de sa cellule, à quinze centimètres du sol. Il est ensuite battu.

Il a ensuite été transféré à la section de Police militaire de la ville de Homs, puis à la « Section Palestine », célèbre prison à Damas où il subissait des tortures trois à quatre fois par jour.

La vie en cellule était « révoltante ». Les détenus étaient contraints de rester nus et les maladies infectieuses se propageaient rapidement. La tuberculose, les poux et la gale causaient des infections et faisaient des morts quasiment tous les jours.

« Le geôlier entrait et demandait ‘’Combien y a-t-il de morts aujourd’hui ?’’ », témoigne Yehia. « Nous mettions les corps au niveau de la porte de la cellule et ils étaient ensuite transportés dans un endroit inconnu. »

« Les plus chanceux mouraient, car la mort était un réel soulagement. Je souhaitais la mort à chaque prisonnier dès que c’était son tour. La mort était une manière d’échapper aux supplices, à la douleur, à la faim, à l’oppression, à l’humiliation, à tout ce qui se passait à l’intérieur ».

A l’hôpital de la police, les médecins ont diagnostiqué la tuberculose à Yehia. La maladie s’est avérée être son ticket de sortie – il a été libéré le 12 juin 2014, à la faveur d’une nouvelle loi prévoyant la libération des prisonniers souffrant de maladies graves.

Yehia a dépensé 75 000 livres syriennes, soit près de 3 500 dollars pour quinze jours de traitement dans un hôpital privé de Damas.

D’autres cliniques avaient refusé de le prendre au prétexte qu’il s’agissait d’un ancien prisonnier : le personnel avait peur des forces de sécurité. Lorsqu’il fut suffisamment robuste, Yehia quitta la capitale et se remit sur pied à Tadmor.

Mais à ce moment-là, l’EI avait commencé à menacer la ville, alors il décida de s’enfuir dans la province nord d’Idlib. Quelques mois plus tard, Yehia se retrouva dans le camp d’Idomeni, une ville de fortune pour quelque 10 000 réfugiés à la frontière gréco-macédonienne, fermée en mai dernier.

À son arrestation, il pesait 92 kg. Même après le temps de récupération depuis sa sortie de prison, il ne fait aujourd’hui que 67 kg. Il a mal au dos et a des problèmes nerveux aux mains et aux pieds dus aux violents coups reçus.

« Je porte encore aujourd’hui des cicatrices et des marques dans le dos. Je veux montrer les violences de ce régime criminel. Jusqu’à présent, je n’en ai pas eu l’occasion. Je veux que le monde voit ce qu’il se passe, toutes les violations du régime d’al-Assad envers les prisonniers. »

Crimes de guerre et impunité

Omar et Yehia font partie des dizaines de milliers de personnes détenues dans les prisons du gouvernement en Syrie, avant et pendant le conflit actuel qui a débuté en mars 2011.

Au cours des cinq dernières années, plus de 12 500 personnes sont mortes sous la torture dans les prisons, d’après le Réseau syrien pour les droits de l’homme.

Le gouvernement de Bachar al-Assad est responsable de 99 % de ces victimes, selon un rapport spécial publié en juin par le groupe de surveillance. D’autres civils – dont des femmes et des enfants – sont morts entre les mains du groupe EI et de Jabhat Fateh al-Sham, l’ancien Front al-Nosra.

Les preuves des actes de torture et les décès dans les prisons du gouvernement syrien sont de plus en plus nombreuses. En février, un rapport de la Commission d’enquête internationale des Nations unies, « Out of sight, out of mind (loin des yeux, loin du cœur », assimilent les actions du gouvernement à des crimes de guerre.

Les prisonniers « sont battus à mort ou décèdent à la suite de blessures graves provoquées par des actes de torture », souligne le rapport.

« Le gouvernement a commis des crimes contre l’humanité, exterminations, meurtres, viols ou autres formes de violences sexuelles, actes de torture, emprisonnements, disparitions forcées et bien d’autres actes inhumains. Basés sur la même conduite, des crimes de guerre ont également été commis. »

Le droit international des droits de l’homme prévoit que les gouvernements doivent enquêter sur les décès des prisonniers sous son contrôle, et l’État en question peut être tenu pour responsable des morts s’il ne respecte pas cette obligation.

Les crimes, les actes de torture et les exécutions sans procédure régulière sont formellement interdits par les Conventions de Genève de 1949, que la Syrie a ratifiées.

Mais selon la législation nationale, le pays accorde une large immunité à ses services de sécurité et à sa police tout comme au président. Le rapport des Nations-unies a conclu que les « décès survenus en prison sont forcément connus des cadres supérieurs militaires. »

Des certificats de décès établissant que les prisonniers ont perdu la vie à la suite de « causes naturelles » ou d’une « crise cardiaque » sont adressés aux membres des familles, qui se voient régulièrement empêchés de récupérer les corps de leurs proches. Ces corps sont souvent présumés incinérés dans des fosses communes.

Le rapport de la commission a indiqué que cela faisait partie d’une « procédure centralisée et systémique » qui « cache efficacement les abus du système à l’encontre des détenus et les preuves des crimes perpétrés par les agents de l’État. »

Les conclusions du Réseau syrien des droits de l’homme concordent aussi avec ceux de la Commission des Nations-unies, qui a interviewé 621 personnes et recueilli les témoignages d’Omar et de Yehia. Le groupe accuse le gouvernement syrien de nier les actes de torture et d’accuser Al-Qaïda et d’autres groupes armés.

Le président du groupe, Fadel Abdul Ghani, a précisé : « Nous attendons toujours que le monde libre aille plus loin pour protéger l’humanité en Syrie, maintenant que ce mécanisme est démasqué. »

Mohammed Hassan al-Homsy a participé à ce reportage.

Source : MIDDLE EAST EYE

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/syrie-d-anciens-d-tenus-racontent-la-torture-et-le-trafic-d-organes-dans-les-prisons