Cours de français pour adultes

Préparation aux DIPLÔMES D’ETUDES EN LANGUE FRANÇAISE (DELF) pour les niveaux A2, B1 et B2

C’est bientôt la rentrée pour l’année 2026-2027 !

Les cours de FLE ont lieu en présentiel, dans Paris :

  • Préparation au Delf A2 sur 8 mois
  • Préparation au Delf A2 sur 4 mois
  • Préparation au Delf B1 sur 4 mois
  • Préparation au Delf B2 sur 9 mois

Prochaines sessions à partir du 5 octobre 2026.

(Il n’y a pas de cours pendant les vacances scolaires).

Les cours sont gratuits ainsi que les frais d’inscription à l’examen de Delf A2 et B1

qui sont pris en charge par Revivre, sous réserve d’assiduité.

Pour vous inscrire, avant le 20 septembre 2026, vous devez :

  • Être une personne réfugiée, bénéficiaire d’une protection subsidiaire ou temporaire, ou demandeuse d’asile ;
  • Être disponible pour participer à la totalité des cours.

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Edito Newsletter 35

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LES DISPARITIONS FORCÉES, … UN FARDEAU POUR DES DIZAINES D’ANNÉES

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« Un jour des années 1970, le père (journaliste) d’une amie syrienne, dont la famille s’était réfugiée au Liban, a disparu. L’absence de nouvelles a miné sa famille pendant des mois. Ils l’ont cherché partout, utilisé tous leurs contacts, en espérant obtenir une information. La situation était devenue désespérée. Quand, un jour, un parent entend la voix du père dans un local annexe d’un tribunal syrien. C’est donc par hasard qu’il a pu être retrouvé. »

Cette l’histoire de disparition qu’on m’a racontée se finit par un moindre mal, contrairement aux dizaines de milliers d’autres dont les traces de vie sont minces, éparses, ou complètement disparues à ce jour. Le trouble de la « mort ambigüe » » (terme attribué au trauma de la disparition d’un proche) a été vécu durant toutes les années des régimes Assad (père et fils) par des millions de Syriens, touchant un grand nombre de familles. Aujourd’hui, alors que toutes les prisons de Syrie ont été ouvertes, l’absence de traces des disparus ronge les proches qui ne peuvent faire leur deuil. Leurs vies entières seront ravagées par l’absence. Les Syrien-ne-s vont porter ce fardeau pendant des dizaines d’années.

Les chiffres sont effarants : 130 000 disparitions forcées[1] sont recensées. Le chiffre de 200 000 circule dès qu’on intègre les disparitions survenues au cours de leur fuite du pays, jusqu’à 300 000 selon certains rapports[2]. La Syrie des Bachars est loin devant la Colombie (200 000), le Mexique (128 000),

le Sri Lanka (+ de 60 000), l’Argentine (30 000), l’Algérie (entre 6 000 et 17 000 au cours de la décennie noire) et les pays voisins le Liban (+17 000), et récemment Gaza, etc.

Des dizaines de milliers de Syriens y ont été impliquées de près ou de loin ; ils sont si nombreux qu’il est impossible pour un système judiciaire d’enquêter et d’en juger la totalité[3]. Ce n’est pas surprenant qu’aujourd’hui encore, des

personnes (quelle que soit leur délit présumé ou le crime qui leur est reproché) disparaissent parfois quelques jours (c’est déjà beaucoup trop) ou à jamais.
La disparition forcée est une arme redoutable, utilisée par toutes les dictatures, étatiques ou non, pour semer la terreur et écraser toute forme d’opposition. C’est la signature de l’absence d’État de Droit (avec une justice indépendante qui fonctionne correctement).

La solution n’est pas de mettre la poussière sous le tapis (le terme de « poussière » n’est pas du tout adapté pour parler de disparitions forcées mais gardons l’adage), car ce faisant la « poussière » ressortira tôt ou tard, et sans prévenir.[4]

Avec la Fédération Euro-Méditerranéenne contre les Disparitions Forcées, et à l’occasion de la journée mondiale de l’ONU contre les disparitions forcées, Revivre appelle la Syrie à faire le maximum pour cicatriser ces plaies, et mettre en place les protections indispensables pour éviter le retour de cette forme de terreur.[5]

Frédéric ANQUETIL Secrétaire général de Revivre

[1] « On parle de « disparition forcée » lorsqu’une personne est arrêtée, placée en détention ou enlevée par les autorités d’un État, par des groupes armés non-étatiques ou des personnes agissant avec leur autorisation, et que l’arrestation ou le lieu de détention sont tenus secrets ». Source : Amnesty International

[2] https://www.franceinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/en-syrie-une-commission-estime-que- 300-000-personnes-pourraient-avoir-disparu-depuis-1970_7442953.html
[3] L’Allemagne a été confrontée à cette situation après 1945. Des millions des personnes ont été évaluées, des milliers ont été jugés, et il a fallu abréger car il fallait instamment relancer l’économie du pays bloquée par la disgrâce de centaines de milliers d’allemands. Livre : La dénazification – Auteur collectif piloté par Marie-Bénédicte Vincent – Edition Poche – 2008

[4] Une amnistie rapide à la chilienne n’est pas la solution,… les disciples de Pinochet sont aujourd’hui de retour au pouvoir.
[5] Il faut souhaiter que la Commission nationale pour les personnes disparues et victimes de disparitions forcées (créée en mai 2025) conduira la Syrie à adhérer à la Convention Internationale contre les Disparitions Forcées.

Edito Newsletter 34

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La Syrie à l’heure de la transition : entre espoir et défis

Près de quinze ans après le début du conflit qui a profondément bouleversé le pays, la Syrie traverse aujourd’hui une phase de transition décisive. La chute du régime de Bachar el-Assad à la fin de l’année 2024 a ouvert une nouvelle page de son histoire, porteuse d’espoir mais également de nombreuses incertitudes.

Sur le plan politique, les nouvelles autorités cherchent à reconstruire les institutions de l’État et à instaurer un cadre de gouvernance capable de répondre aux attentes de la population. La mise en place d’un nouveau Parlement constitue l’une des étapes les plus marquantes de cette période, même si de nombreux observateurs, déconcertés par le processus de nomination utilisé[1], soulignent que la consolidation de la stabilité politique nécessitera du temps et un dialogue inclusif entre les différentes composantes de la société syrienne.

Après les massacres de Mars et Juillet 2025 dont les conséquences continuent à se faire sentir[2], la situation sécuritaire demeure fragile. Bien que l’intensité des combats ait fortement diminué par rapport aux années précédentes, certaines régions continuent de connaître des tensions et des incidents sporadiques. La présence de groupes armés, les menaces terroristes résiduelles ainsi que les rivalités régionales constituent encore des facteurs d’instabilité.

L’économie représente sans doute l’un des plus grands défis auxquels le pays est confronté. Après des années de guerre, les infrastructures ont été gravement endommagées, le pouvoir d’achat des ménages reste faible et le chômage touche une large partie de la population. Malgré les premiers signes d’intérêt de certains investisseurs et partenaires régionaux pour la reconstruction, les besoins financiers et humains demeurent immenses et constituent un terrain propice à la gangrène de la corruption qu’il faudra dénoncer.

La question du retour des réfugiés reste également au cœur des préoccupations nationales. Des millions de Syriens vivent toujours à l’étranger ou dans des situations de déplacement interne. Leur retour dépendra non seulement de l’amélioration des conditions de sécurité, mais aussi de la capacité du pays à offrir des perspectives économiques, des logements et des services publics fonctionnels.

Au-delà des considérations politiques et économiques, les aspirations de la population syrienne apparaissent relativement claires : vivre en paix, retrouver une vie digne, bénéficier d’opportunités d’emploi, voir les villes reconstruites et permettre aux familles dispersées de se réunir à nouveau. Beaucoup espèrent également l’émergence d’un État fondé sur la justice, la citoyenneté et le respect des droits de tous.

La Syrie se trouve ainsi à un moment charnière de son histoire contemporaine. Entre les séquelles d’un conflit prolongé et les promesses d’un nouveau départ, l’avenir du pays dépendra de sa capacité à transformer les espoirs de sa population en réalités durables.

Mohamad TAHA Président de Revivre

[1] https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260712-le-nouveau-parlement-syrien- mirage-ou-preuve-d-une-transition-démocratique-en-cours
[2] Voir nos précédentes Newsletter : https://association-revivre.fr/newsletters/

Edito Newsletter 33

LE PAYS RÉCUPÈRE SES ENFANTS !

Pour la première fois depuis des décennies, de jeunes Syriens ressentent la responsabilité de rebâtir leur pays, avec désormais un sentiment d’appartenance nationale jamais vécu auparavant.

Concerts (même dans les parcs)[1], expositions artistiques et photographiques, cercles de discussion[2] regroupant des personnes venant de tout le pays, signature de livres[3] dans des lieux improvisés…

Les différentes ligues des victimes et des disparus[4] coordonnent leurs efforts, partagent leurs bases de données et interviennent auprès des commissions nationales[5] afin de donner leurs points de vue concernant le traitement des dossiers des disparus et de la justice transitionnelle. Ce faisant, elles consacrent le rétablissement de l’État que ce soit en matière de droit ou en matière d’exercice de la citoyenneté afin que la loi soit appliquée à tous, sans exception. Lorsque des manifestants se font attaquer par des groupes radicaux liés aux nouvelles autorités[6], ils font généralement recours à la justice. En effet, les militants rassemblés devant le parlement pour protester contre le massacre à Soueida[7] et qui avaient été attaqués le 18 juillet 2025 par des inconnus pro- régime ont porté collectivement plainte pour violence contre une personne identifiée dans les vidéos qui avaient circulé sur les réseaux sociaux[8].

La population a dénoncé dans divers cas d’anciens bourreaux, d’anciens informateurs et d’anciens criminels[9].

Des dizaines d’associations et collectifs, dont plusieurs existaient clandestinement avant la chute d’Al Assad, ont tenu à avoir un statut légal et font des activités remarquables[10]. La société civile fait d’énormes efforts pour se faire entendre dans les quatre coins du pays, prônant la paix civile, la formation de syndicats indépendants du pouvoir, la reconstruction (dans ses deux volets : matériel et humain). Des hôpitaux et des écoles sont restaurés et équipés par des expatriés ou d’anciens expatriés ou déplacés[11], retournés dans leurs localités.

Ce panorama très réduit est basé sur des constatations personnelles de terrain et non sur ce que publient les réseaux sociaux[12].

S’il y a un espoir pour que la Syrie revienne un jour au rang des nations apaisées, il est bien basé sur les efforts déployés par ses enfants.

Randa BAAS Administratrice de Revivre

[1] Syrien N’est fait à Doumar, près de Damas : (11) Manzoul منزول – بالتعاون مع Syrien n’est الجیران نزلوا ع » ,Facebook, (4) Instagram, concerts dans le jardin de Jahez | …وبدعم من السفارة fait YouTube, exposition des Creative – الصوت ».. حفل موسیقي في حدیقة الجاحظ بدمشق #موسیقى_للجمیع Memory for Syria qui continue sa tournée après Damas, Alep, et Idlib et à Lattaquié en ce moment.

[2] Tels que le Forum Salameh Keileh, celui de Riad Seif, Forum Nissan à Jaramana, etc.
[3] À titre d’exemple, l’écrivain et traducteur Odaï Zo’bi a signé dernièrement son dernier livre à Doumar, à Dareya et à Tartous.
[4] Familles de César, Families for Freedom, Fédération Syrienne des droits humains, Comités de Défense des Libertés Démocratiques et des Droits de l’Homme en Syrie, Conseil de la Femme Syrienne, Syrians for Truth and Justice, The Syria Campaign, Association des détenus et de disparus de Sednaya, Women Now for Development, Syrian Center for Media and Freedom of Expression…
[5] Commission Nationale pour les disparus et Commission Nationale de Justice Transitionnelle.
[6] Manifestations contre diverses décisions relatives à la vie chère, pour demander l’application de la loi, pour la dignité, telle celle appelée « Loi et dignité » devant la préfecture de Damas du 17/04/2026.
[7] 1113620-774916626.jpeg (1368×911).
[8] La journaliste Zeina Shahla a été filmée lors de son agression verbale The verbal assault on journalist Zeina Shahla is a dangerous indicator of the state of freedoms in Damascus. –

. تیار المستقبل السوري
[9] Quelques noms : Atef Najib, Amjad Youssef, certains responsables des services secrets de l’ancien régime.
[10] Telles que Bidayetna, The Day After, Women Now for Development, Rethink Rebuild Association…
[11] La création de l’Ecole Professionnelle de Palmyre que Revivre soutient n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres : hôpital de Ma’arrat al No’man, hôpital de Jisr al Choghour, hôpital al Walid à Homs, hôpital de Tadmor (Palmyre)…
[12] Sur les réseaux sociaux circulent beaucoup d’informations qui grossissent ou déforment des évènements, dont le but est surtout de nuire au ou aux activistes démocrates et au régime actuel qui, certes, ne fait pas une transition sans faute, mais relativement à la situation politique du pays extrêmement compliquée, parvient à améliorer le climat de confiance (on part de très loin).

Edito Newsletter 32

LA SYRIE RÉSISTERA-T-ELLE À LA GUERRE À SES PORTES ?

La Syrie n’avait pas assez de problèmes intérieurs à gérer … Voilà que la guerre rode à ses portes, au sud de Souëida, dans le Golan, aux frontières de l’Irak, etc. L’ennemi Hezbollah qui a fui la Syrie de al-Charaa vers le Liban, cherchent à y revenir, motivant un amas de troupes syriennes à la frontière sud pour les empêcher de pénétrer. Sur le flan Est, c’est le Hezbollah irakien qui tente d’ouvrir une route vers le Liban pour y convoyer des armes, et contraint la Syrie de renforcer la protection de sa frontière est. Le Hezbollah cherche une terre d’accueil pour survivre au déchaînement de feu qu’il a déclenché au Liban. Va-t- il aussi embarquer la Syrie dans cette guerre régionale … qui n’est pas la sienne ?

Il est à craindre que des groupes armés opposés au nouveau régime soient prêts à profiter de la dispersion des moyens de l’armée syrienne pour semer le désordre en vue de reprendre la main sur le destin de la Syrie post Bachar qui ne leur convient pas. Des pays étrangers ne seront pas mécontents de les rejoindre pour ajouter du chaos au chaos ambiant.

Le gouvernement de transition en profitera-t-il pour instaurer un régime d’exception ? Israël agrandira-t-il la zone qu’il a déjà annexée avec ses appuis locaux ? Le régime iranien qui sera peut-être sauvé grâce à une paix pétrolière qui ignore les appels à la démocratie de sa population, réarmera-t-il aussitôt tous ses proxy ? Des Kurdes en profiteront-ils pour reprendre la main sur une zone autonome ? Etc. Les hypothèses ne manquent pas et peuvent se combiner dans un nombre incroyable de scénarii. A ce stade, la réalité peut tout à fait dépasser toute fiction. C’est incandescent. La seule chose qui est certaine, c’est qu’une entrée de la Syrie dans le conflit ne bénéficiera aucunement à la population syrienne…

Le chemin vers la justice et l’unité en Syrie, qui est essentiel pour son futur déjà parsemé de tant d’obstacles, longe une nouvelle fois, et autrement, le bord de la falaise… Les concertations constructives avec le Liban sont rassurantes ; mais voilà deux pays boiteux, dont les béquilles sont bien fragiles, qui doivent déambuler dans un terrain miné par d’autres.

Frédéric ANQUETIL Secrétaire général de Revivre

Edito Newsletter 31

CE LONG CHEMIN VERS L’APAISEMENT SOUHAITÉ PAR LES SYRIENS

Assistons-nous à la dernière bataille du premier round de la réunification de la Syrie ? Après les massacres de la côte ouest alaouite déclenchés par les partisans de Bachar Al-Assad suivis d’une réponse chaotique et tragique des forces liées au nouveau régime, puis après le siège et les massacres dans la petite zone druze, la question des vastes territoires sous contrôle kurde était un rendez-vous incontournable pour les nouvelles autorités.

Une chose est certaine : elles (et de nombreux partenaires étrangers, mais pas tous) ne veulent pas d’une partition de la Syrie en 2, 3, 4 zones ethnocentrées, contrairement à ce que des groupes – presque dans chaque communauté ! – revendiquent haut et fort comme solution de pacification du pays. L’intention du nouveau régime est claire depuis le début : le nouvel État syrien sera souverain sur toute la Syrie et il n’y aura qu’une seule armée légitime.

Aujourd’hui, dans chaque communauté, on retrouve tous les bords politiques, selon des dosages variés : des ex-pro-Bachar et des anti-Bachar, des communistes et des libéraux, des pro-nouveaux régimes et des anti, des très religieux et des athées, des nationalistes et des fédéralistes, etc. Aucune des communautés syriennes ne peut être réduite à une seule idéologie politique ou à un seul courant religieux, tant les variantes sont multiples.

Les haines communautaires et claniques qui soufflent sur les braises encore chaudes trouvent leurs racines dans des histoires lointaines, alimentées par des concepts religieux sectaires, des alliances étrangères, auxquels s’ajoutent régulièrement des problèmes fonciers. Dans cette diversité syrienne, on rêverait de trouver un groupe qui serait exempt de tous reproches… quand bien même aurait-il rendu d’utiles services à certains moments[1].

Bien que la tentation de la partition puisse être considérée comme légitime quand on appartient à un groupe de victimes, en se construisant en opposition aux autres camps, avec cette diversité entremêlée, ce serait un rendez-vous pris pour de prochains conflits. Préparer la répétition des crimes ne résout rien.

Dans cette dernière bataille, qu’en est-il cette fois-ci des civils qui paient généralement le plus lourd tribut ? On remarquera les corridors humanitaires qui ont été créés pour évacuer les civils dans la bataille d’Alep[2] et vers Kobané dans le Kurdistan ; le nouveau régime aurait cette fois-ci pris des précautions pour les épargner[3]. La préparation en amont de l’intervention dans l’Est syrien a limité les dégâts de ce côté-ci, la répétition des massacres de masse a été évitée[4] ; des gages (d’un niveau jusqu’alors jamais atteint) ont été donnés au travers d’un décret [5]de reconnaissance de leurs droits (langue, etc.)[6]. En revanche, le contrôle des camps de djihadistes a été un fiasco…

Cette marche – difficile – vers la réunification de la Syrie prendra encore du temps pour se concrétiser dans tous les recoins.

Et maintenant, reste au régime de transition à affirmer fortement le respect absolu de la diversité, à promouvoir la défense des droits humains pour tous les Syrien-ne-s, et à faire avancer l’inclusivité.

Frédéric ANQUETIL

Secrétaire général de Revivre

[1] Les Kurdes avec leurs alliés des tribus arabes locales ont rendu de grands services en gérant les camps d’internement des djihadistes après avoir combattu l’Etat Islamique mais, parallèlement, ont installé une gouvernance pas moins autoritaire que dans la zone d’Idleb d’avant la chute de Bachar, et la population locale n’a pas suivi les combattants du FDS et YPG, plutôt considérés comme des occupants.

[2] La plupart des 155 000 déplacés de début janvier sont depuis revenus à leurs domiciles.
[3] Les violences et les traitements dégradants spécifiquement commis à l’égard des femmes kurdes démontrent que les forces armées du nouveau ne sont pas encore assainies des éléments radicaux.
[4] Dans certaines villes conquises à l’Est, les populations arabes ont applaudi et des déplacés ayant fui depuis plusieurs années le Rojava, reviennent chez eux.
[5] Le Décret daté du 16 janvier 2026, qui reconnaît le kurde comme langue nationale, autorise son enseignement dans les régions à majorité kurde, abroge les mesures discriminatoires du recensement de 1962, accorde la pleine citoyenneté à tous les Kurdes vivant sur le territoire syrien et fait de Newroz (21 mars) une fête nationale officielle payée.
[6] il sera très difficile de revenir sur ce texte largement diffusé, quand bien même il n’est pas le fruit d’une assemblée parlementaire démocratiquement élue (ce qui est impossible à concrétiser dans ce climat de tension, de fractionnement du pays et de niveau élevé de destruction des infrastructures).

Edito Newsletter 30

Edito Newsletter 30

PRÉSERVER LA BELLE MOSAÏQUE SYRIENNE

Cette semaine marque une année entière depuis la phase de libération que la Syrie a vécue après la chute de l’ancien régime. Et bien que cette phase ait ouvert la voie à davantage de libertés, le chemin vers la justice et la démocratie reste encore long. Au cours de l’année passée, les autorités se sont concentrées sur les dossiers économiques, la levée des sanctions, l’amélioration des relations diplomatiques et la relance du tourisme, tandis que les dossiers les plus liés à la vie quotidienne des Syriens sont demeurés marginalisés ; comme la reconstruction qui n’a pas encore réellement commencé, les infrastructures restant détruites dans de vastes zones. Le secteur éducatif souffre également d’une dégradation évidente, de nombreuses écoles fonctionnant avec des capacités limitées ou restant hors service, alors que le secteur de la santé connaît un effondrement quasi total en raison du manque de personnel et d’équipements. En outre, le dossier des disparus n’a bénéficié d’aucune attention réelle ou sérieuse, ce qui a approfondi les blessures de milliers de familles qui attendent toujours de connaître le sort de leurs proches.

Dans tout cela, les avancées dans le domaine de la justice et dans les poursuites judiciaires des responsables sont demeurées limitées, laissant de nombreuses violations sans traitement clair jusqu’à aujourd’hui.

Dans le sud, notamment à Soueïda, se poursuivent les pressions ainsi que les tensions sociales et politiques, en plus des manifestations et des revendications répétées des membres de la communauté druze. Avec l’évolution des événements, certaines parties locales ont aussi exprimé des demandes de formes d’autonomie ou d’administration indépendante, voire même l’idée d’ouvrir un passage vers les territoires occupés ; ce qui a suscité un large débat au sein de la société syrienne. Les violations israéliennes des frontières syriennes se poursuivent presque quotidiennement ; en l’absence de véritable dissuasion, les positions arabes et internationales se limitant souvent à des déclarations de condamnation.

Quant au littoral syrien, qui fut jadis parmi les plus fervents soutiens de l’ancien régime, il a fait face après la chute du régime de Bachar al-Assad à une réalité complexe. L’absence de justice et d’arrestation des responsables et des criminels qui s’étaient cachés là-bas durant et après la libération a entraîné un chaos. Celui-ci a été immédiatement exploité par des sbires de l’ancien régime, dont certains ont attaqué des membres de la Sécurité Publique appartenant au nouveau gouvernement, provoquant ainsi des événements sanglants qui ont causé des victimes civiles et militaires des deux côtés : sunnites et alaouites. Ce qui reflète le besoin urgent d’un contrôle efficace et d’une poursuite des auteurs de crimes pour empêcher la répétition de telles violations.

Dans le nord-est, le dossier de la relation entre l’État et la composante kurde reste en suspens. Certains courants au sein de la société kurde réclament une autonomie élargie ou des formes proches de l’indépendance, ce qui suscite un large débat national.

Cependant, notre vision en tant que Syriens, à laquelle nous tenons, demeure celle d’une Syrie unie pour tous ses enfants, où la diversité des confessions, des ethnies et des cultures constitue une mosaïque unique qui confère beauté et singularité à la Syrie, loin de tout projet de division.

Parallèlement, les camps vivent toujours dans des conditions humanitaires difficiles, avec une quasi-interruption de l’aide dans certaines zones. Beaucoup de déplacés ont été contraints de retourner dans leurs maisons détruites, certains dressant des tentes sur les décombres, tandis que d’autres ont eu recours aux anciennes grottes pour échapper au froid et à la pluie, sans soutien réel de l’État ni des organismes internationaux.

Cette image complexe nous rappelle que la stabilité en Syrie ne se réalise pas seulement par un changement politique, mais aussi par l’instauration d’une justice ressentie par tous les Syriens, la construction d’une confiance mutuelle entre les composantes, et le respect de la dignité humaine partout.

Il reste également de notre responsabilité de lire les événements avec objectivité avec de multiples sources, et de rejeter tout discours attisant la haine ou approfondissant la division. Nous croyons que le rôle des intellectuels, des artistes et des acteurs civils est essentiel pour renforcer la culture du dialogue et de la paix, et préserver la belle mosaïque syrienne à laquelle nous appartenons tous.

Abdulrazak ALJUMAA

Administrateur de Revivre