Nancy : Réfugié syrien.. il y a 30 ans

Lui a fui le régime d’el-Assad… père, en 1986. Une date cruelle mais aussi le début d’une renaissance. Ce que ce paisible commerçant militant voudrait également offrir à ses (ex) compatriotes en détresse aujourd’hui.

18/07/2016

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« Aujourd’hui je me sens d’abord Français parce que la France m’a respecté. » Photo ER

J’ai toujours considéré comme mon vrai pays celui qui a su me respecter. Et ce n’est vraiment pas le cas de la Syrie. » Aussi Nadim Chaghouri se considère-t-il d’abord comme Français. Il en a d’ailleurs la nationalité depuis 1988. Deux ans plus tôt, il mettait pour la première fois les pieds en France. « C’était le 4 janvier 1986. Je m’en souviens comme si c’était hier. Aussi longtemps qu’on n’avait pas décollé de Damas, j’avais la peur au ventre. »

À trois reprises, le jeune Nadim avait déjà été convoqué par les services secrets du régime. Par trois fois, il en avait réchappé. « J’avais été dénoncé », raconte cet homme de 57 ans au sourire doux et au verbe posé précautionneusement. « Ironie du sort, ça ne concernait pas les faits que j’avais effectivement commis. » Car le régime d’Hafez el-Assad (père de l’actuel président) aurait effectivement eu tout lieu de le clouer dans ses geôles. Inscrit à la faculté de Damas, cet étudiant en sciences, originaire de Homs, militait clandestinement contre cette dictature, extrêmement répressive comme son propre cousin en avait fait la tragique expérience. « Il a osé se plaindre de la cherté de la vie devant un collègue. Une heure et demie après, il était arrêté. On ne l’a plus jamais revu. » C’était en 1979.

L’accusation était grosse

Nadim, lui, est sorti libre de ses convocations successives grâce à l’entregent d’un ami général. Surtout, les accusations portées à son encontre avaient un peu forcé le trait. « Mon délateur m’aurait notamment entendu insulter le président. En apprenant ça, j’ai souri. Vous imaginez, ai-je dit au colonel qui m’interrogeait, que quiconque dans ce pays ose insulter le président en public ? »

Effectivement, ça aurait été suicidaire. L’accusation était « trop grosse » et c’est ce qui a contribué à le sauver. Mais le jeune homme avait senti le vent du boulet. C’était décidé, il partait pour la France, en intimant à sa famille de ne surtout pas hésiter à le renier. Elle l’a fait. C’était une question de vie ou de mort.

Ainsi Nadim n’a-t-il plus jamais revu ni ses parents, ni aucun de ses quatre frères. « Et ça, c’est l’un de mes rares regrets : d’avoir ainsi été coupé de ma famille. »

Soif d’intégration

En France, Nadim a posé ses valises à Nancy où ses contacts lui promettaient une intégration pas trop difficile. Et de fait, il a mené son petit bonhomme de chemin. Il s’est empressé d’apprendre le français, sa demande d’asile lui a été accordée rapidement. Devenu papa, il a dû toutefois interrompre ses études (« ça, c’est mon autre regret »), mais après avoir occupé divers emplois, il a fini par ouvrir un commerce de photocopie-reprographie dans le quartier Saint-Nicolas. « Et j’ai fait ma vie », résume ce père de trois filles. « Pour être tout à fait honnête, je considère que ça s’est fait sans problème. »

Et c’est parce que ses (ex ?) compatriotes arrivant aujourd’hui ne peuvent pas en dire autant que le discret commerçant vient de créer l’association France-Syrie Entraide (lire ci-dessous). Sans doute aussi parce qu’il retrouve chez eux la même soif d’intégration, et la même urgence de vivre en paix qui l’accompagnaient, lui, le jeune Nadim Chaghouri, il y a exactement… 30 ans.

Lysiane GANOUSSE

Source : L’Est Républicain

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2016/07/18/nancy-refugie-syrien-il-y-a-30-ans

Du 21 au 23 Juillet 2016 – Festival « Syrien n’est fait…» à Paris

Site « Grands Voisins »
82 avenue Denfert Rochereau – 75014 Paris

Evénement Facebook

Du 21 au 23 Juillet 2016, l’Association de Soutien aux Médias Libres (ASML) invite la Caravane Culturelle Syrienne et les associations syriennes de Paris membres du collectifs CODSSY, à se réunir autour d’artistes, chercheurs et militants de la société civile syrienne qui se mobiliseront pour faire découvrir au public parisien une autre facette de la Syrie : celle de la plume et du pinceau.

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Pour cette première édition, ASML a choisi le site des « Grands Voisins », un projet alternatif d’occupation solidaire de l’hôpital Saint Vincent de Paul dans le 14ème arrondissement de Paris: 82 avenue Denfert Rochereau.

« Syrien n’est fait… » invite le public parisien à appréhender la richesse et la diversité de la production culturelle contemporaine syrienne à travers un large spectre d’activités : concerts, expositions, conférence, rencontre avec auteurs, projection de films, danse, stand d’artisanat.

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Jeudi 21 Juillet

19h00 – Magasin – Conférence grand public – Guerre en Syrie : dynamiques et idées reçues                                    avec

Jetdi 21 juillet

20h- Extérieur/Lingerie

Vernissage expo et pot de l’amitié avec les intervenants et artistes de la Caravane Culturelle

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Vendredi 22 Juillet

Ouverture de l’exposition Pergola

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1001 Cartes est une exposition de dessins d’enfants, de leurs peintures murales collectives, marionnettes en tissu, masques, objets recyclés, etc.

Au-delà du simple témoignage sur leurs souffrances ou leurs aspirations, leurs créations rendent hommage au travail sur le terrain de personnes engagées dans transmission des valeurs d’entraide.

13h00 – 17h30 Discothèque

Projection de documentaire et film artistiques sélectionnés par la Caravane Culturelle, ASML et le Syrian Mobile Film Festival

16h00 – 18h00 Grand Salon – Stand VR- ASML

<> on September 3, 2014 in New York City.

ASML présentera, durant les 3 jours du festival, deux documentaires tournés en Syrie à 360°. Grâce aux casques de réalité virtuelle, le spectateur sera en immersion totale. Le public pourra plonger aux cœurs de la Syrie, aux côtés des équipes de secours des Casques Blancs dans le film « Le cauchemar de Nobel », et se mettre dans la peau d’un reporter de guerre syrien, en pleine activité sur le terrain, en visionnant « In their Press Vests », film co-produit avec l’UNESCO.

18h00 – Grand Salon – Rencontre avec auteurs

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19h30 – Extérieur/Lingerie

Soirée danse traditionnelle syrienne – Dabké organisé par le Groupe 2 de  l’association Revivre

21h30 – Extérieur/Lingerie

Concert de rap syrien avec Osloob

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Samedi 23 Juillet

13h00 à 15h00Atelier

Stand VR – ASML

15h-17h00 – Discothèque

Projection de documentaire et film artistiques sélectionnés par la Caravane Culturelle, ASML et le Syrian Mobile Film Festival

17h00 – Théâtre Verdure

Lecture poésie, Khouloud Al Zghayar, artiste membre de la Caravane Culturelle

A partir de 17h00 – Atelier

Rencontre avec auteurs du Conflit Syrien pour les Nuls, organisée par l’association Souria Houria

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20h00 : Repas syrien préparé par la Caravane Culturelle

21h30 – Concert – Groupe syrien BAB ASSALEM

unnamed (9)Bab Assalam «la porte de la paix» est la rencontre de deux musiciens syriens, Khaled Aljaramani (Oûd et chant) et de son frère Mohanad Aljaramani (percussions et chant) avec un clarinettiste français, Raphaël Vuillard.

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Nos Partenaires

 

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Le site des Grands Voisins. © Elena Manente

L’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, c’est un site de 3,4 hectares au cœur de Par des Grands Voisins. © Elena Manenteis du 14e arrondissement de Paris, entre Denfert-Rochereau, la Fondation Cartier et Port Royal. C’est aussi un ensemble de bâtiments construits à différentes étapes du développement de ce lieu fondé en 1650, qui dès le 18e siècle a eu pour vocation l’accueil orphelins, puis les soins apportés aux enfants.

Après sa fermeture en 2012, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris a confié l’ensemble du site à l’association Aurore, spécialisée dans l’hébergement d’urgence et l’accueil de personnes vulnérables. En attendant que la Mairie de Paris n’y développer un nouveau quartier de ville en 2017, l’enjeu est d’utiliser le temps de vacance de ce site extraordinaire en proposant ou suscitant des usages audacieux et généreux et solidaires.

Caravane Culturelle Syrienne

Découvrir les œuvres d’artistes syriens contemporains transportés par la Caravane Culturelle Syrienne!

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La Caravane culturelle syrienne, est née en 2014 de l’initiative d’intellectuels, appuyée par des associations syro-européens, dans le but de faire découvrir la société civile syrienne et de promouvoir l’art et la culture contemporains de ce pays.

Dans le cadre du festival  » Syrien n’est fait… » les artistes de la Caravane exposeront leurs œuvres et installations.

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Venez à la rencontre des associations membres du collectif CODSSY, présents durant les 3 jours du festival

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Rencontre-conférence avec l’écrivain palestinien Mohammad Mousa Manasra

Rencontre-conférence avec l’écrivain et journaliste palestinien

Mohammad Mousa Manasra

En arabe, la traduction en français assurée

Jeudi 7 juillet 2016,   à 19h

لقاء مع الكاتب والصحفي المناضل الفلسطيني محمد موسى مناصرة

الخميس 7 تموز/يوليو 2016، الساعة السابعة مساء

محمد موسى مناصرة
تدعوكم جمعية روفيفر للقاء مع الكاتب والصحفي المناضل الفلسطيني محمد موسى مناصرة، حيث سيتكرم بإلقاء محاضرة يتلوها حوار أخوي حول مدى التقاطع بين القضيتين الفلسطينية والسورية،وذلك يوم الخميس 7 تموز/يوليو 2016، الساعة السابعة مساء في بلدية باريس الثانية/ على العنوان المذكور أدناه
L’Association Revivre vous invite à une rencontre-conférence avec l’écrivain et journaliste palestinien, Mohammad Mousa Manasra, qui nous parlera des questions palestinienne et syrienne

Jeudi 7 juillet 2016, à  à 19h

à la Mairie du 2ème arrondissement

العنوان
8, rue de la Banque
75002 Paris
Métro : Bource, Ligne 3

Campagne de dons en faveur des syriens de Palmyre récemment déplacés

Après avoir vécu sous le joug des barbares de Daech,  525 familles ont fuit dernièrement Palmyre pour échapper aux exactions des forces du régime. Elles se sont déplacées pour  trouver un refuge et sont actuellement dispersées dans 10 villes du nord de la Syrie. 227 familles vivent sous des tentes, au sud de la Syrie à la frontière jordanienne.

Sachant que la composition moyenne d’une famille syrienne est d’environ 5 personnes (grands-parents, adultes et enfants), on devine l’ampleur du désastre et l’urgente nécessité de leur porter secours.

Devant ce drame humanitaire, Revivre déploie tous ses efforts pour tenter de soulager leurs souffrances et lance une campagne de dons en faveur de ces populations  elle en appelle à votre générosité pour soutenir financièrement notre action.

Merci de votre solidarité

Note rajoutée à la publication: Nouvelles statistiques : Le nombre des familles déplacées de Palmyre depuis 1 mois =  2002 familles

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Mode de paiement :

  • Chèque à l’ordre de « l’Association REVIVRE », à préciser au dos du chèque « Don déplacés de Palmyre »
  • Virement bancaire: à préciser lors de votre virement: « Don déplacés de Palmyre »
  • Banque BRED

Code : 10107 – Agence : 00234 – Compte n° : 00 624 005 432 – Clé : 30

Coupon ci après à compléter et à retourner à: 

Association Revivre

Maison du Citoyen et de la Vie Associative

16 rue du Révérend-Père Lucien Aubry 94120 Fontenay-sous-Bois

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Rappel : Vos dons vous donnent droit à une réduction annuelle d’impôt sur le revenu à hauteur de 66% de leurs montants, dans la double limite de 20% du revenu imposable et de 15 000 € de dons par foyer fiscal.

Camp-Don avril déplacés Palmyre

Soirée Revivre 18 fév. dans le cadre du festival Péril(s) – Confluences

Rencontre artistique autour d’un repas syrien

Jeudi 18 février 2016. à 20h

Confluences : 190 Boulevard de Charonne 75020 Paris

Métro ligne 2 – station Philippe Auguste ou Alexandre Dumas

[P.A.F : 15 € repas inclus]

Lecture + chant + projection + rencontre + repas

« Syrie, un pays en exil »
Programme
20h : LECTURE DE POÈMES  écrits et interprétés par Omar Youssef Souleimane, jeune écrivain et poète syrien, exilé en France, accompagné par Léopoldine HH à l’accordéon et à la voix.

(Nous n’avons plus le temps, Je ne peux pas venir, La mort loin de la mort, Miroir d’une guerre cachée, Festival dans l’obscurité de mon cœur)

VIDÉO-POÈME : Je ne suis personne, réalisation d’Elvina Attali – 2013, 8 min

Court métrage d’exil qui mélange poésie, dessins et peinture. Je ne suis personne revient sur une enfance syrienne, sur les rues d’un village, sur un vieux film de vacances tranché d’images rouges, haché de séquences de guerre, taché de bruits et de poussière. Même s’il marche debout, un exilé rêve à l’envers.
21h : REPAS

Cette rencontre artistique sera suivie d’un repas d’assortiments traditionnels syriens, (réalisé par Ghayss et Douaa réfugiés accueillis à Confluences depuis novembre 2015). A cette occasion, artistes, publics et membres de l’association Revivre pourront échanger librement.

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L’association Revivre aide depuis 2004 les anciens prisonniers politiques syriens. À partir de 2011, l’association élargit son champ d’activité au soutien aux victimes des violations des droits de l’Homme en Syrie (réfugiés, détenus et familles sinistrées).

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Confluences : http://confluences.jimdo.com/

FB : https://www.facebook.com/CONFLUENCES-115852535182187/?fref=ts

Événements : https://www.facebook.com/events/1668903410064010/

La France a accepté 27 % de réfugiés de plus en 2015

Par Maryline Baumard

Alors que l’Allemagne a dépassé le million de demandeurs d’asile en 2015, la France a connu, elle, une hausse bien plus faible. L’année dernière, 79 100 migrants ont choisi de déposer une requête de protection dans l’Hexagone, alors qu’ils avaient été 64 800 en 2014, selon les premières données complètes communiquées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) pour l’année écoulée.

Cette augmentation de 22 % du nombre de demandeurs a abouti en fait à une hausse de 30 % du nombre de nouveaux réfugiés en un an, la France ayant été plus généreuse dans l’octroi de l’asile qu’en 2014. Ainsi, 31,5 % des migrants qui ont déposé un dossier ont été reconnus comme pouvant bénéficier de la Convention de Genève ou de la protection subsidiaire, les deux formes de protections qu’offre la France.

Alors que la tradition française voulait que, généralement, l’OFPRA rejette le dossier et que celui-ci soit finalement reconnu valide par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), en 2015, la machine s’est inversée.

L’OFPRA a plus protégé que l’instance administrative d’appel qu’est la CNDA, délivrant 24 % des statuts de réfugié, contre 7,5 % pour la CNDA. Cette nouvelle approche a permis de protéger 26 700 personnes en 2015, contre 21 000 l’année précédente, soit une augmentation de 27 %.

10 000 Syriens depuis le début du conflit

La nationalité des demandeurs n’est pas étrangère à cette hausse de la délivrance du statut. Pour la première fois en France, les Syriens arrivent en tête, et ils obtiennent quasiment tous la protection.

« Ils ont été plus de 5 000 à choisir la France cette année », relève Pascal Brice, le directeur général de l’OFPRA. « Si l’on compte en cumulé, cela fait plus de 10 000 Syriens demandeurs qui ont bénéficié de la protection de la France depuis le début du conflit en 2011», ajoute-t-il.

Suivent les Soudanais, dont le nombre avoisine aussi les 5 000 et les Irakiens avec un record de 2 100. Ces deux nationalités sont très présentes dans la jungle de Calais, où ont été menées des opérations spéciales pour inciter à demander l’asile.

En ce début d’année, le nombre d’arrivées d’Afghans est pourtant en train de dépasser celui des Syriens. Ce qui fait dire à M. Brice que « si 2015 est l’année des Syriens, 2016 risque d’être celle des Afghans ». Or, ces derniers se voient distribuer un peu moins généreusement le statut de réfugiés.

Toutes ces données sont les premières portant sur l’année 2015 dans son intégralité : le bilan annuel de l’OFPRA permettra d’affiner ces premiers éléments.

Il reste à noter que la montée en puissance s’est faite doucement sur l’année. En effet, les deux premiers trimestres de 2015 ne permettaient pas d’anticiper la hausse survenue durant les derniers mois de l’année.

Source : Le Monde  | 12.01.2016

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/01/12/la-france-a-accepte-27-de-refugies-de-plus-en-2015_4845698_1654200.html

Rassemblement pour les enfants syriens le 16 janvier

4 heures pour 4 millions d’enfants syriens privés d’école

Rassemblement à Paris, samedi 16 Janvier 2016 

de 15 h à 19 h

Devant la Fontaine des Innocents – Place Joachim du Bellay – Métro les Halles – Paris

PH NON À UNE GÉNÉRATION PERDUE D’ENFANTS SYRIENS

« NON À UNE GÉNÉRATION PERDUE D’ENFANTS SYRIENS »

Le calvaire que vit le peuple syrien va, dans quelques semaines, entrer dans sa sixième année, avec chaque jour son cortège de souffrances.

Persécutés par le régime de Bachar Al-Assad et depuis deux ans par Daech, les Syriens avec plus de 250 000 victimes, dont des dizaines de milliers de morts sous la torture dans les prisons du régime, des dizaines de milliers de disparus, payent un très lourd tribut à leur exigence du droit à la liberté et à la démocratie.

Dans ce pays en proie à la guerre, qui a déplacé 7 millions de personnes à l’intérieur du pays et contraint plus de 4 millions à se réfugier à l’étranger sur un total de 23 millions d’habitants, les plus affectés de tous sont les enfants.

4 millions d’enfants sont sortis du système scolaire, dont près d’un million dans les camps de réfugiés à l’étranger.

Cette situation va laisser pour toute une génération de profondes cicatrices. En Syrie, les écoles qui devraient être des lieux sûrs sont devenues des espaces de tous les dangers, elles sont soumises à des attaques aériennes et à des tirs de roquette. Pour l’année 2014, au moins 60 écoles ont été la cible d’attaques (UNICEF).

Alors que 18% des écoles sont entièrement détruites, d’autres sont utilisées à des fins militaires et sont de fait interdites aux enfants.

Dans les camps de réfugiés, l’infrastructure scolaire est totalement insuffisante, avec pour conséquence le recours au travail des enfants. On estime qu’un enfant réfugié syrien sur 10 travaille. En Jordanie, près d’une famille de réfugiés sur deux avoue être dépendante des revenus de ses enfants.

L’avenir de millions d’enfants syriens est en jeu. Rappelons que le droit à l’éducation est établi en vertu de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). Il faut en finir avec la dévastation des infrastructures scolaires en Syrie. Elles doivent être déclarées « zone de paix » et protégées comme telles.

La communauté internationale et les organisations donatrices doivent s’impliquer fortement dans l’éducation des enfants syriens.

Nous disons « OUI » à l’avenir d’une Syrie libre et démocratique en nous mobilisant pour la protection et la scolarisation des enfants syriens.

Nous disons « NON » à une génération perdue d’enfants syriens .

Appellent au rassemblement : Collectif pour une Syrie Libre et Démocratique – Comité de Coordination de Paris de soutien à la Révolution syrienne – Conseil National Kurde syrien – Déclaration de Damas – Souria Houria – Ila Souria – Union syndicale Solidaires – Appel Solidarité Syrie – Mémorial 98 – EE les Verts – Cham’s – PS – MRAP – ATTAC – Syrie MDL – Revivre – La Vague Blanche – ACAT – LDH – Mouvement du 15 mars – CEDETIM/IPAM – REMDH – MEDINA – Solidarité Laïque – UNEF-FSU – La Fondation Copernic – Ensemble – Ligue de l’ Enseignement – NPA – CCFD-Terre Solidaire – Appel d’Avignon – REF – SNESUP- FSU- Collectif des amis d’Alep – La Voix de l’ Enfant. FIDH-

 

Entretien avec le Président d’Honneur de Revivre

Michel Morzière, une passerelle pour les réfugiés syriens

Ingénieur de métier, Michel Morzière se consacre depuis plus de dix ans, via son association « Revivre », à l’aide aux anciens prisonniers d’opinion en Syrie et plus récemment à l’accueil des réfugiés syriens. Ancien membre du conseil d’administration du Centre Primo Levi, il continue à travailler de pair avec l’association et imagine des missions communes de formation « quand la Syrie aura retrouvé la paix »…

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Comment en êtes-vous venu à vous engager en faveur des anciens prisonniers politiques syriens ?

J’ai toujours été un militant des droits deComment en êtes-vous venu à vous engager en faveur des anciens prisonniers politiques syriens ? l’homme. J’ai été pendant longtemps engagé dans un groupe d’Amnesty International, puis j’ai rejoint le siège à ma retraite. Mon épouse faisait partie de la coordination Syrie-Liban et moi de celle qu’on appelle « Israël – Territoires occupés – Autorité palestinienne ». Il se trouve que nous avons reçu chez nous pendant quelques jours un couple de réfugiés syriens qui était très connu de la diaspora syrienne. C’est après cette rencontre et toutes celles qui ont suivi qu’est née l’idée de monter une association pour venir en aide aux anciens prisonniers politiques syriens et à leur famille.

C’est donc à ce moment-là que vous avez créé l’association « Revivre » ?

Tout à fait. C’était en 2004. L’association est en fait née de l’émanation de Syriens opposés au régime d’Hafez al-Assad réfugiés en France et de militants d’Amnesty International dont nous faisions partie.

Nous avons commencé à aider d’anciens prisonniers d’opinion restés en Syrie, si possible en allant là-bas, que ce soit dans les démarches de visa auprès de l’Ambassade, dans l’achat de billets d’avion ou encore le financement de radiographies (à défaut de pouvoir financer des traitements médicaux complets).

Et depuis le début de la guerre en Syrie, comment faites-vous pour continuer à les aider ?

Evidemment, à partir de la révolution syrienne en 2011, il n’était plus question d’aller sur place. Nous nous sommes donc concentrés sur l’accueil de ceux qui arrivaient jusqu’ici, qui en général se retrouvent sans repères, sans toit ni connaissance de la langue. Autant la plupart des réfugiés originaires d’Afrique parlent le français et connaissent les réseaux en France, autant les Syriens sont perdus ici, donc il était nécessaire d’organiser leur accueil.

Grâce à un financement d’Euromed, nous avons pu mettre en place une permanence à la mairie du 20ème arrondissement de Paris ainsi qu’un ensemble de réseaux, principalement en Île-de-France mais aussi dans quelques autres régions : un premier réseau de familles qui sont prêtes à les accueillir dans l’urgence, quelques jours, et un deuxième réseau plus large pour prendre le relais. Composée de deux salariées et d’un ensemble de bénévoles, la permanence offre une aide à la fois sociale (hébergement, accès aux droits) et juridique (procédure d’asile).

D’autre part, nous avons mis en place un programme d’apprentissage du français en partenariat avec un organisme spécialisé, un programme d’accompagnement culturel (pics-nics, visites de musées…) et une enveloppe budgétaire pour les aides financières exceptionnelles.

Cela dit, nous avons réussi à maintenir aussi des projets scolaires sur place, en Syrie et en Turquie.

Quels sont vos liens avec le Centre Primo Levi ?

C’est à l’époque où j’étais encore à Amnesty International que je suis entré en contact avec le Centre Primo Levi. En tant que membre fondateur, Amnesty avait deux représentants au conseil d’administration du Centre et je m’étais proposé pour en faire partie. Depuis, nous sommes restés très proches. A une époque, nous avions le projet d’aller former ensemble des psychologues en Syrie mais nous nous sommes rendus à l’évidence que c’était irréalisable étant donné les circonstances.

En fait, le Centre Primo Levi est en quelque sorte le pendant psycho-médical de Revivre : nous orientons vers lui toutes les personnes dont nous ressentons un besoin d’être soignées, ce qui n’est pas toujours facile à faire émerger. Dernièrement, nous lui avons orienté un jeune de 23 ans qui est devenu aveugle il y a quelques mois, à la suite d’un largage de barils de plomb. Il a fui au Liban, mais comme ils n’avaient pas la possibilité de le soigner là-bas, il a voulu faire une demande de visa pour la France. Deux conditions lui ont été imposées : qu’il ait un rendez-vous aux Quinze-Vingt et qu’il paye 3000 euros ! Il a réussi à réunir les 3000 euros et arrivé en France avec un compatriote, il s’est retrouvé seul et sans aucune aide, avec seulement l’adresse de la permanence de Revivre en poche. Il a pu avoir rapidement le statut de réfugié et être hébergé chez des partenaires ; mais on vient de lui retirer l’allocation à laquelle il n’a plus droit en tant que réfugié statutaire, et à son âge il n’a pas encore droit au RSA. Pourtant il est de toute évidence encore incapable d’être autonome : il apprend seulement le braille…

Que pensez-vous du plan européen de relocalisation qui concerne en premier lieu les Syriens ?

Jusqu’à ce jour, quelques centaines de Syriens sont arrivés par ce biais en France. Malgré les quelques inconvénients de ce plan, notamment la répartition totalement arbitraire et donc les risques de séparations familiales, il s’agit de la « voie royale » pour les réfugiés : ils sont hébergés dans des centres à Paris qui se chargent de la procédure de dépôt de leur demande d’asile, puis ils sont envoyés dans un CADA, souvent en province. Ils obtiennent presque tous un statut de réfugié ou une protection subsidiaire, et ce dans des délais record. Mais ce plan n’est prévu que pour 30 000 personnes en ce qui concerne la France, or les besoins sont autrement plus importants : 800 000 sont arrivés en Europe depuis début 2015 et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés prévoit 600 000 nouvelles arrivées depuis la Turquie dans les quatre prochains mois. Selon Bruxelles, 3 millions de réfugiés syriens, irakiens et afghans arriveront d’ici fin 2017… Il y a donc nécessairement des « arrivées collatérales » qui continuent et qui continueront à avoir lieu. Et pour ceux-là, c’est beaucoup plus compliqué. Ce sont eux que nous retrouvons à notre permanence.

Comment imaginez-vous l’avenir de la Syrie et donc l’évolution de votre association ?

Je vois deux scénarios possibles. Ou bien ce conflit atroce se poursuit et des gens en situation de grande vulnérabilité continuent à arriver en France, auquel cas nous continuerons avec le Centre Primo Levi à leur servir de passerelle. Ou bien – ce qui n’est pas impossible car les grandes puissances commencent à prendre la mesure de la situation, ne serait-ce que par nécessité face à l’arrivée massive de réfugiés – on arrive à un accord de cessez-le-feu et de paix, auquel cas on organise ensemble une coordination sur place, en utilisant nos réseaux, pour soigner les traumatismes.

 

Source : http://www.primolevi.org/non-classe/michel-morziere-une-passerelle-pour-les-refugies-syriens.html

« Nous, enfants de Syrie » : une exposition solidaire

« Nous, enfants de Syrie » : une exposition solidaire

Exposition: « Nous enfants de Syrie »

Du 3 au 20 décembre 2015
Centre d’animation Reuilly
19, Rue Antoine-Julien Hénard, 75012 Paris, M° Montgallet (ligne 6)

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Les enfants syriens ont leur mot à dire sur leur vécu. Fuyant les ravages de la guerre, réfugiés avec quelques membres de leurs familles dans un camp de fortune à Beyrouth, ils le disent avec ce qu’on leur offre : des couleurs, de la pâte à modeler, des fils de fer, des tissus… Des ateliers artistiques, conçus en fonction de leurs besoins spécifiques, les aident à dépasser leurs traumatismes et à appréhender leur nouvel environnement. Au-delà du simple témoignage sur leurs souffrances ou leurs aspirations, leurs créations rendent hommage au travail sur le terrain de personnes engagées dans le soutien, l’éducation et la transmission des valeurs d’entraide, de partage et de solidarité. L’exposition présente les dessins des enfants, leurs peintures murales collectives, leurs marionnettes en tissu, masques, objets recyclés, photographies, etc.
Partie intégrante de l’exposition, le film Nous enfants de Syrie retrace la vie dans le camp, avec les témoignages des enfants et des professeurs…
3 décembre : VERNISSAGE
18h30, le responsable du centre libanais Basmeh & Zeitooneh invité pour l’occasion présentera les œuvres exposées et parlera du travail réalisé avec les enfants réfugiés.
19h, projection film « NOUS, ENFANTS DE SYRIE » autour d’un pot amical et solidaire.
16 décembre : CONCERT
19h30, Cylsée nous entraînera sur les rives sud de la Méditerranée : chant, guitare, violon-alto, percussions.
Cette exposition est une opération solidaire, elle a pour but de soutenir le centre culturel de Besmeh & Zeitooneh à Beyrouth et les ateliers créatifs destinés à sortir les enfants de la misère du camp et de la violence de la rue. Le centre accueille 700 enfants annuellement.

Vous pouvez effectuez vos dons en toute sécurité sur la plateforme associative : Via HELLOASSO

Plus de détails sur l’expo : http://www.syriemdl.net/nous-enfants-de-syrie-une-exposition-solidaire/